Pilote reconnu, formateur passionné et digne héritier du nom Beltoise, Anthony perpétue aujourd’hui la vision de son père au sein du circuit Jean-Pierre Beltoise. Entre transmission, pédagogie et défis de la mobilité de demain, il nous ouvre les portes des coulisses de ce lieu unique.

Champion Ultima cup series 2026

Q : Pouvez-vous nous raconter vos premiers souvenirs sur un circuit ?
Anthony Beltoise : Mes premiers souvenirs remontent à mon enfance, mais les plus marquants datent de mes huit ou neuf ans. Pour aller voir notre père courir, avec mon frère, il fallait avoir de bonnes notes à l’école. Sinon, nous étions punis et privés de circuit.
Mais en réalité, on n’y allait pas vraiment pour regarder les courses : on passait surtout notre temps à emprunter les petites motos, les quads des écuries, et à faire les fous autour du paddock. Ce sont mes premiers vrais souvenirs.

 

Q : Qu’est-ce qui vous a marqué le plus dans l’enseignement de votre père ?
A.B. : Mon père, fils de boucher, a travaillé extrêmement dur pour réussir en sport automobile. Il nous a transmis une valeur essentielle : rien n’est acquis. Tout se mérite par le travail, rien n’est facile ni gratuit dans la vie.

 

Q : Qu’est-ce qui distingue, selon vous, l’esprit Beltoise des autres circuits ?
A.B. : Le circuit Beltoise est un petit circuit, ce qui le rend très accessible et facile à utiliser. Ce n’est pas une grosse structure complexe : chacun peut venir, être autonome, et profiter des installations.
Nous pouvons faire cohabiter plusieurs activités en même temps grâce aux différentes pistes. Les gens s’y sentent bien, comme chez eux, sans pression ni règles trop contraignantes, toujours dans le respect de l’environnement et des autres.

 

Q : Quelles sont les activités qui vous tiennent le plus à cœur aujourd’hui ?
A.B. : Tout ce qui concerne la conduite, qu’elle soit sécuritaire ou sportive. J’aime aussi beaucoup les grands événements : accueillir des entreprises, présenter des produits, des véhicules, organiser des séminaires avec beaucoup de monde. Cela permet de faire connaître le circuit au plus grand nombre.

 

Q : Quelle évolution récente vous rend le plus fier ?
A.B. : Le changement de direction depuis avril 2024. Nous avons arrêté certaines activités pour nous concentrer sur l’événementiel et les stages de pilotage.
J’étais inquiet au départ, mais aujourd’hui je suis très satisfait. Le travail est mieux organisé, dans une meilleure ambiance. Même si le recul est encore limité, les résultats sont encourageants.

 

Q : À quoi ressemble une journée type pour vous ?
A.B. : Il n’y a pas vraiment de journée type, il faut s’adapter. Le matin est consacré aux mails, aux clients et aux fournisseurs.
L’après-midi, je m’occupe du terrain et de la gestion du circuit : entretien, supervision, petits travaux. En fin de journée, on effectue souvent des réparations, du nettoyage ou de l’entretien des pistes.

 

Q : Qu’est-ce qui fait un bon formateur de pilotage ?
A.B. : Avant tout, la pédagogie. Il faut savoir expliquer simplement, rester calme et bienveillant, même face à un stagiaire en difficulté. C’est cette capacité à transmettre qui permet de faire progresser.

 

Q : À qui s’adresse le circuit ?
A.B. : À tous les niveaux, mais principalement aux débutants, néophytes et gentlemen drivers. Nous sommes un circuit de loisirs, pas de compétition pure.

 

Q : Quelle place tient la sécurité routière ?
A.B. : Une place essentielle. Que ce soit pour les stages auto, moto, camion ou les événements, la sécurité est toujours la priorité absolue.

 

Q : Vous développez la mobilité électrique. Quels sont vos projets ?
A.B. : Nous nous sommes récemment équipés de véhicules électriques et d’une infrastructure de recharge importante.
Ces véhicules servent aux stages, aux reconnaissances et même à des baptêmes de piste. Nous sommes très engagés dans la protection de l’environnement.

 

Q : Comment voyez-vous l’avenir du sport automobile face aux enjeux environnementaux ?
A.B. : Plutôt positivement. Plusieurs solutions émergent : l’électrique, notamment pour certaines phases de course, et les carburants à faibles émissions. L’avenir sera un équilibre entre ces technologies.

 

Q : Quel conseil donneriez-vous à un jeune pilote ?
A.B. : D’être extrêmement motivé et déterminé. Aujourd’hui, les niveaux sont très proches. La différence se fait sur la faim de réussir et la persévérance.

 

Q : Avez-vous une anecdote marquante ?
A.B. : Quand j’étais enfant, le circuit comportait des zones en terre. Je me souviens d’Ari Vatanen venu tester sa Peugeot 205 Turbo 16 du Dakar, un moment impressionnant.
Et des années plus tard, il est revenu et m’a dit en plaisantant : « La terre, tu l’as mise où ? Je ne peux plus glisser maintenant ! »

 

Q : Que diriez-vous à un stagiaire débutant ?
A.B. : De profiter pleinement des infrastructures. Tout est conçu pour recréer des situations de danger en toute sécurité et apprendre efficacement.

 

Q : Votre mission en trois mots ?
A.B. : Qualité, sécurité, plaisir.

 

Q : Un dernier mot ?
A.B. : Venez nombreux au circuit, je vous y accueille tous les jours.

 

Intervieweuse : Merci beaucoup Anthony pour cet échange riche et inspirant.

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