sport business : passion et profit

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Le sport, autrefois symbole d’effort, de dépassement et de collectif, est aujourd’hui au cœur d’une économie mondiale. Des droits télévisés astronomiques aux transferts à plusieurs centaines de millions d’euros, la frontière entre passion sportive et intérêts financiers devient de plus en plus floue.

Un marché qui explose

Des chiffres aberrants : l’économie du sport pèse plus de 600 milliards de dollars par an. Les Jeux Olympiques, les Coupes du Monde et les grands championnats génèrent des revenus colossaux grâce aux sponsors, aux chaînes de télévision et au marketing digital. Les clubs sont devenus de véritables entreprises. Derrière chaque maillot vendu ou chaque campagne publicitaire, il y a une stratégie de marque bien pensée. “Les sportifs sont devenus des produits d’image. Leur performance se mesure autant sur le terrain que sur Instagram”, explique Claire Montagnier, économiste du sport.

Les grandes marques ont un impact majeur sur le sport. Elles financent à travers le sponsoring, permettant le développement des clubs, des compétitions et la professionnalisation des athlètes. Elles influencent aussi la société en promouvant des valeurs comme la persévérance ou l’égalité, tout en imposant des tendances de mode et de consommation. Leur présence médiatique transforme les sportifs en icônes marketing, mais crée aussi des inégalités entre disciplines (les grands sports comme le foot et le basket sont beaucoup plus mis en avant que d’autres).

Selon différentes études, le marché mondial du sport pourrait dépasser les 850 milliards de dollars d’ici 2030, stimulé par la convergence entre le numérique, les médias et le divertissement. Les grandes compétitions sont aujourd’hui pensées comme des opérations économiques globales : elles attirent des sponsors internationaux, favorisent le tourisme, dynamisent l’emploi local et influencent même les politiques d’aménagement urbain. L’exemple le plus parlant reste celui des Jeux Olympiques, dont chaque édition mobilise des dizaines de milliards d’euros et transforme durablement les villes hôtes.

Si on s’attarde sur le cas des Jeux Olympiques 2024 à Paris, c’est plus de 6 milliards d’euros que la France a investi dans l’évènement. Ces investissements on servis à promouvoir le pays de la plus belle des façons et à faire fonctionner les commerces locaux. Pour le secteur de la grande distribution c’est une progression de +7,9 % en valeur et +11 % en volume pendant les Jeux dans la région Île-de-France.

La mise en œuvre de l’événement a aussi eu un impact sur l’employabilité, en effet plus de 180 000 personnes ont trouvé un emploi grâce aux jeux. En revanche, certains commerces parisiens se sont retrouvés pénalisé à la vue des JO, notamment certains restaurants et boutiques qui se trouvaient dans les zones fermées au public. Malgré les nombreux avantages des jeux il reste certaines personnes qui ont mal vécu l’événement.

Le profit avant le jeu

L’argent a profondément transformé la pratique sportive. Le calendrier s’allonge, les compétitions se multiplient pour générer toujours plus d’audience. Les athlètes deviennent des ambassadeurs commerciaux, parfois au détriment de leur santé. L’augmentation du nombre de matchs et la pression pour maintenir un haut niveau de performance entraînent un risque accru de blessures musculaires et de fatigue chronique. Selon des études de l’UEFA et de la FIFA, les blessures liées à la surcharge ont augmenté de 25 % ces cinq dernières années. On a pu voir cette année un emploi du temps surchargé notamment pour les joueurs du PSG qui ont enchainé LDC, CDM des clubs et les matchs avec les équipes nationales. Des stars comme Kevin De Bruyne, Pedri ou Vinícius Jr. dénoncent régulièrement les effets dévastateurs d’un calendrier trop chargé. Le plus grand risque concerne cependant les jeunes talents, dont les corps sont encore en développement. L’usure prématurée peut conduire à une baisse de performance, voire à des carrières compromises. Pendant ce temps, d’autres disciplines comme le handball, l’athlétisme ou la natation peinent à trouver des financements.

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